Les Libéraux-Radicaux Genève

Inauguration de l’annexe de Champ-Dollon, discours de Mark Muller

Je suis ravi d’être ici parmi vous, dans ce cadre bucolique, avec ma collègue Isabel Rochat, pour inaugurer cette annexe à la prison de Champ-Dollon. Il peut paraître incongru d’utiliser ce terme lorsque l’on parle d’une prison, mais cela fait partie de notre responsabilité et de notre devoir d’élus que de pourvoir aux besoins de notre canton en termes d’infrastructures, y compris pour ce qui concerne les lieux privatifs de liberté.

Le Conseil d’Etat a à cœur de rattraper le retard de notre canton en matière d’équipements publics. Pensez aux lignes de trams, aux nombreux EMS en cours de construction, au futur bâtiment des lits de l’hôpital cantonal ou encore au CMU actuellement en phase d’achèvement… Et bien, nous pouvons célébrer aujourd’hui, avec l’inauguration de ces 100 nouvelles places de prison, une concrétisation importante et très attendue de cette politique volontariste du Conseil d’Etat en matière d’investissement. Vous le savez sans doute, entre 2005 et 2010, nous avons plus que doublé les investissements publics de l’Etat de Genève.

Permettez-moi de revenir quelques instants sur ce projet hors du commun à plus d’un titre.

Hors du commun tout d’abord par son délai de réalisation. Moins de dix-huit mois se sont en effet écoulés entre la décision du Conseil d’Etat de construire 100 nouvelles places de détention et la cérémonie d’aujourd’hui. A l’exception peut-être de la manière dont on construit en Chine, il doit s’agir d’un record.

Hors du commun également de par les conditions de construction. Il a en effet fallu réaliser ce chantier au sein même de l’enceinte de Champ-Dollon, et faire cohabiter ouvriers, détenus et personnel de la prison dans ce lieu hautement sécurisé. Inutile de préciser que cela a eu pour conséquence d’augmenter encore le stress du personnel encadrant les détenus.

Je parle bien entendu sous le contrôle de Monsieur le directeur, mais je crois pouvoir dire qu’il n’y a pas eu de «pépin majeur» à signaler lors de ce chantier.

Troisième particularité de ce chantier et j’aimerais quand même en parler: le rocambolesque épisode de l’adjudication. Souvenez-vous que, face à l’urgence de la surpopulation carcérale de Champ-Dollon, le Grand Conseil avait renoncé, à ma demande, au crédit d’étude et voté directement le crédit de construction. Nous ne pouvions toutefois pas prévoir que les trois entreprises soumissionnaires nous rendraient des offres, tenez-vous bien, de 95% à 135% supérieures à notre estimation. On est loin de la marge d’erreur de 25% que nous avions déjà prévue par précaution… C’était au cœur de l’été dernier, vous vous en souvenez peut-être. Après quelques hésitations, il a fallu passer par une procédure d’adjudication de gré à gré et, au terme de négociations serrées, nous avons pu trouver un accord avec l’entreprise Karl Steiner, qui n’était pas soumissionnaire au départ. Nous avons pu convenir avec cette entreprise du respect des conditions d’origine de la mise en soumission, notamment en termes de délais, ce qui évidement était fondamental pour le Conseil d’Etat.

Le crédit complémentaire qu’il a toutefois fallu concéder et qui est actuellement à l’examen du Grand Conseil, se monte «seulement», je mets des «guillemets» car c’est évidemment beaucoup – à 9,5 millions de francs, alors que les premières offres reçues faisaient gonfler la facture de 16 à 23 millions de francs! Je pense que cette économie ou cette réduction de la facture supplémentaire justifie la décision, qui a été prise à l’époque, de renoncer à adjuger les travaux à l’une des trois entreprises soumissionnaires.

Depuis la première pierre du 29 novembre dernier, le chantier est allé vite et bien, et le calendrier a été tenu. Nous avons certes perdu trois jours lorsque le train transportant les cellules préfabriquées est resté bloqué en gare de triage en Allemagne ou encore six jours lorsque la rare pluie de ce printemps a rendu le chantier impraticable pour les ouvriers. Grâce au travail de tous, ces retards n’ont pas porté à conséquence.

A l’heure de conclure, j’aimerais remercier chaleureusement ici, au nom du Conseil d’Etat, le directeur de la prison et l’ensemble du personnel de la prison de Champ-Dollon, qui ont parfaitement accompagné ces travaux et su garder le cap dans cette prison depuis si longtemps surpeuplée. Les autorités se devaient de faire face à leurs responsabilités et endiguer cette triste situation. Elles le devaient au personnel, mais également aux détenus, dont les conditions de détention n’étaient pas dignes de notre pays.

Malgré ces cent places supplémentaires, Champ-Dollon reste surpeuplée. Nous n’allons donc pas en rester là puisque d’ici deux ans environ, nous inaugurerons Curabillis, un établissement pour détenus dangereux, puis d’ici 2015, La Brenaz II, dont le Conseil d’Etat vient d’adopter le projet de loi ouvrant le crédit d’étude.

Comme vous le savez, la planification pénitentiaire prévoit aussi la construction d’un nouvel établissement intitulé Champ-Dollon II. Nous examinons actuellement l’opportunité de réaliser cette nouvelle prison, en fonction de l’évolution du nombre de détenus, qui semble augmenter fortement dans le cadre de l’application du nouveau code de procédure pénale.

Je souhaite également rendre hommage aux collaborateurs des deux départements principalement concernés par la réalisation de cette extension de Champ-Dollon, le département dont j’ai la charge, le DCTI, mais également aux collaborateurs du DSPE, pour leur engagement très professionnel dans ce projet et pour la qualité de leur travail dans un contexte très stressant, très politisé. Tous ont œuvré avec beaucoup de conscience professionnelle et de compétences, ce qui nous permet aujourd’hui d’être réunis ici.

J’aimerais également adresser mes remerciements aux ouvriers qui ont travaillé dans des conditions difficiles, notamment les collaborateurs de l’entreprise Karl Steiner SA, ainsi qu’au personnel de toutes les entreprises partenaires.

La rapide construction de ces cent places de détention a permis de démontrer qu’en l’absence de recours, on peut aller vite. Cela renforce la motivation et la détermination du Conseil d’Etat à poursuivre sa politique en matière de réalisation des infrastructures nécessaires au développement de notre canton, au premier rang desquelles figure le logement.

Je vous remercie pour votre attention.

Le texte prononcé fait foi.

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