
Tous les Genevois le savent, le Jeûne genevois est un jour férié célébré le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre. La tradition veut que les Genevois dégustent la fameuse tarte aux pruneaux. Mais quelles sont les origines exactes de ce jour férié propre au canton de Genève ? Le PLR genevois vous propose un petit historique de cette tradition.
Tout d’abord, il faut savoir que la pratique des jeûnes en Suisse remonte au XVe siècle. Déjà en 1480 et en 1483, la Diète se préoccupait d’organiser des journées de pénitence et d’action de grâces, mais laissait aux cantons la décision à cet égard : ainsi les « jeûnes » prenaient des formes diverses selon les lieux : pèlerinages, processions, litanies ou jeûnes proprement dits. Les protestants conservent la pratique du jeûne qui est considéré comme nécessaire pour soutenir la prière.
Le premier jeûne connu à Genève remonte au début du mois d’octobre 1567, à l’occasion d’une répression contre les hugenots lyonnais, et ce trois ans après la mort de Jean Calvin. Le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, incite aussi la population genevoise à jeûner le 3 septembre par solidarité.
En 1639, durant la guerre de Trente Ans, les cantons protestants instaurent un jour de jeûne commun pratiqué chaque année en septembre afin de remercier Dieu de leur avoir épargné la guerre. Au XVIIIe siècle, la Compagnie des pasteurs de Genève déplore le manque d’assiduité des fidèles durant cette journée.
En 1796, les cantons catholiques se joignent au jeûne annuel qui se déroule le 8 septembre. La Révolution genevoise de 1792 ne porte pas atteinte à la pratique et l’occupation napoléonienne (1798-1813), si elle porte un coup à cette pratique en Suisse, ne le fait pas à Genève où le jeûne devient synonyme de patriotisme et permet l’affirmation de l’identité genevoise et protestante. C’est d’ailleurs à cette époque que s’établit le lien erroné avec le massacre de la Saint-Barthélemy.
La signification patriotique et religieuse du Jeûne genevois se poursuit durant la première moitié du XIXe siècle lorsque les communes catholiques sardes et savoyardes rejoignent le territoire genevois.
Dès 1817, le jeûne est célébré séparément par les deux confessions dans tous les cantons. Sur proposition du canton d’Argovie, la Diète fédérale décrète le 1er août 1832 que le 8 septembre puis le troisième dimanche de septembre serait jour officiel de jeûne pour tous les cantons : c’est la naissance du Jeûne fédéral. Par conséquent, le Jeûne genevois se voit supprimé jusqu’en 1837 où les protestants genevois s’opposent à cette décision œcuménique et décident d’instaurer à nouveau le Jeûne genevois, fête à la fois patriotique et religieuse officialisée en 1840, et tenu le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre puisqu’il s’agit du seul jour de la semaine sans marché.
Férié jusqu’en 1869, il est ensuite fêté de façon moins institutionnelle. C’est le 8 janvier 1966 que le Grand Conseil inscrit dans la constitution le caractère férié du jour du Jeûne genevois.
Pourquoi la tarte aux pruneaux ?
En raison du jeûne, les repas étant réduits au minimum, les auberges restaient le plus souvent fermées. Pour que les femmes et les domestiques puissent participer au culte, des tartes étaient préparées et cuites la veille pour remplacer le repas. C’est ainsi que naquit la tradition de la tarte aux pruneaux, initialement seule collation de la journée avant de devenir le dessert d’un repas festif avec la disparition du jeûne proprement dit.
Source:
Wikipedia – http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_genevois


