
En tant que président du Conseil d’Etat et, une année sur deux, de la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI), c’est pour moi un très grand plaisir d’être parmi vous pour la pose symbolique de la première pierre de l’extension de l’OMC, 88 ans après une cérémonie similaire dédiée à la construction du Centre Wiliam-Rappard.
L’OMC est une organisation centrale dans la gouvernance mondiale d’aujourd’hui. Votre organisation accompagne la mondialisation dans l’intérêt général des peuples et des nations. A l’instar des 31 autres organisations internationales et des quelque 250 ONG sises sur notre sol, elle concourt à façonner un monde plus juste, plus sûr et plus prospère, valeurs qui sont chères aux autorités genevoises et suisses. Elle occupe une place fondamentale dans ce soft power qui est la marque de fabrique de la Genève internationale. Il nous appartient ainsi d’autant plus de vous offrir les meilleures conditions cadres possibles et c’est ce que nous faisons avec cette réalisation. Le Conseil d’Etat genevois que je représente ici salue ainsi tout particulièrement la concrétisation de ce projet qu’il a appelé de ces vœux et a toujours soutenu.
Je me souviens par exemple d’une conférence de presse tenue en mai 2009 en plein air dans le parc Barton, juste derrière le Centre Wiliam-Rappard où, alors qu’un référendum municipal remettait en question cette extension, nous avions démontré, «poteaux à l’appui» – si vous me passez l’expression – que l’accès du public au parc et aux rives du lac demeurerait garanti. Ce vote populaire était à haut risque puisque d’une part l’OMC est une institution qui cristallise souvent et encore l’opposition à différents courants économiques, politiques et sociaux et que, d’autre part, l’on réaménageait un site exceptionnel.
En acceptant ce projet, le corps électoral de la Ville de Genève, qui n’est pas réputé nécessairement acquis à ce genre de projet – rappelons-nous le vote négatif de l’aménagement de la campagne Rigot, il y a quelques années –, a ainsi manifesté deux choses. En premier lieu, son attachement à l’OMC et son soutien à la Genève internationale; en deuxième lieu, son adhésion à un modèle de développement de la région dont la Genève internationale est un moteur.
L’extension du Centre Wiliam-Rappard permettra de répondre aux besoins prévisibles de l’OMC en matière d’espace de travail, puisque 300 collaborateurs pourront travailler dans le nouvel édifice.
Cet agrandissement du siège mondial de l’OMC pérennise également la présence de votre organisation à Genève. Je souhaite profiter de cette occasion pour remercier votre organisation pour la confiance qu’elle témoigne à notre communauté et aux institutions suisses et genevoises.
Le fait que l’Organisation mondiale du commerce demeure sur notre territoire permet aussi, et c’est fondamental, de conserver à Genève de nombreuses autres associations, organisations ou missions qui gravitent dans son environnement immédiat.
Je me réjouis aussi tout particulièrement de la rapidité avec laquelle ce projet a pu voir le jour. Cela n’est pas forcément courant à Genève… Je me rappelle d’une anecdote que l’on m’a rapportée. Il s’agissait d’un ambassadeur suisse qui avait la lourde tâche de présenter à l’un de vos organes internes, sauf erreur le comité du budget, les étapes de la réalisation d’un tel bâtiment à Genève. Ce diplomate suisse évoquait un délai d’une dizaine d’années pour construire. On m’a rapporté qu’à ce moment-là, un diplomate d’un pays d’Asie a levé la main et demandé «Vous avez bien dit dix ans? Et non pas dix mois?».
Tout est heureusement allé bien plus rapidement puisque le concours d’architecture pour la réalisation de ce nouveau bâtiment a été lancé le 1er septembre 2008 et que nous inaugurerons les lieux à fin 2012. Il s’agit d’un délai tout à fait raisonnable pour Genève, qui plus est, si l’on considère le temps perdu à l’occasion de la campagne référendaire de 2009. Preuve est ainsi faite qu’à Genève aussi, on peut aller vite et bien.
En conclusion, je souhaiterais saluer l’excellente collaboration qui prévaut depuis le début entre le secrétariat de l’OMC, son directeur général M. Pascal Lamy, la Confédération suisse, le canton de Genève, la Ville de Genève et la FIPOI. Je tiens, au nom du Conseil d’Etat, à remercier très chaleureusement l’ensemble de ces acteurs dont la collaboration est absolument essentielle pour que ce projet aille de l’avant avec succès.
Je formule le vœu que ce chantier se déroule sans encombre et me réjouis d’inaugurer très bientôt ce nouveau bâtiment qui en appellera d’autres, dans ce quartier des Nations en pleine mutation et promis à un bel avenir.
Je vous remercie pour votre attention.
Le texte prononcé fait foi.


