Les Libéraux-Radicaux Genève

Immigration: ne tuez pas la prospérité de la Suisse !

La Suisse est un petit pays. Ce qui ne l’a pas empêché de connaître une prospérité économique que beaucoup nous envient.

Pourtant, cette prospérité n’est pas éternelle. Jusqu’à la création de l’Etat fédéral, en 1848, notre pays était même pauvre, très pauvre. Tellement pauvre que des centaines de milliers de Suisses, au début du 19e siècle, ont quitté père et mère pour tenter leur chance dans le Nouveau Monde. Tellement pauvre que, pendant des siècles, des centaines de milliers de Suisses n’avaient d’autre perspective économique que le service mercenaire. Se faire tuer pour gagner sa vie.

Plus récemment, notre prospérité a aussi connu une période difficile. Durant les années 90, la Suisse était même le pays de l’OCDE qui connaissait le plus faible taux de croissance. Le taux de chômage a été multiplié par dix, la dette publique a passé de 38 à 108 milliards de francs, la quote-part fiscale de 9% à 11.6%. C’était le résultat d’une décision politique: celle de refuser l’espace économique européen sans aucune alternative.

La prospérité n’est revenue que lorsque la Suisse, en 2000, s’est ouvert les marchés européens via les accords bilatéraux. Nous avons profité de la forte croissance des anciens pays de l’Est. Nous avons profité de l’opportunité, pour nos entreprises, d’engager le meilleur personnel possible sur un marché de 230 millions de travailleurs. Des centaines de milliers d’emplois ont été créés en Suisse, au lieu d’être délocalisés. Le taux de chômage, n’en déplaise à la gauche comme à l’UDC, est aujourd’hui le plus bas de la décennie. Grâce aux accords bilatéraux.

Aujourd’hui cette situation est menacée par une initiative populaire contre l’immigration dite « massive ». Ce sont l’économie, la prospérité et la stabilité de la Suisse toute entière qui sont menacées par cette attaque frontale contre la voie bilatérale et la libre circulation des personnes. Cette initiative ne veut qu’une seule chose: introduire une forme d’économie planifiée. Avec elle, c’est l’Etat qui décidera le nombre de personnes que nos entreprises auront le droit de recruter à l’étranger. Résultat: soit les entreprises multinationales, suisses ou étrangères, devront installer leurs collaborateurs de l’autre côté de la frontière. Soit les autres entreprises, locales, devront renoncer à créer des emplois, ou alors recruter des travailleurs au noir, comme elles le faisaient dans les années 90. Et comme certains élus de ce parti le faisaient il y a peu encore, avec des ouvriers agricoles polonais sous-payés.

Mais il y a pire: cette initiative ne distingue pas les requérants d’asile de la main d’œuvre qualifiée. Tous sont à la même enseigne ! Ce qui revient à dire qu’en cas d’afflux massifs de réfugiés politiques en Suisse, par exemple en raison d’une guerre ou d’une révolution, on aurait rapidement atteint les quotas. On dira donc aux entreprises: non, vous n’avez pas le droit de faire venir votre spécialiste brésilien des bio-carburants, débrouillez-vous! Par contre, si vous installez vos bureaux de l’autre côté de la frontière, vous pourrez le faire venir.

Nous connaissons tous l’exiguïté de notre territoire. Nous savons que nous ne pourrons pas accueillir tout le monde, et que nous avons besoin d’une immigration choisie. C’est la voie que notre pays a choisi depuis dix ans. C’est celle qui lui a permis, depuis, de réduire son endettement, de réduire son taux de chômage, et de connaître une croissance sans équivalent. A l’inverse, empêcher les entreprises de recruter des employés, et menacer leurs exportations, c’est tout simplement irresponsable. De cette manière, on freinera tout simplement la création d’emplois. Et nos jeunes, qui rêvent d’un avenir professionnel, envisageront à leur tour l’exil. Le service mercenaire.

Les accords bilatéraux sont un pan essentiel de notre bien-être. Si je suis réélu au Conseil national le 23 octobre prochain, je les défendrai becs et ongles.

Découvrez aussi l’opinion de Christian Lüscher à ce sujet:

À propos de l'auteur
Mini bio:
  • Né le 5 mai 1969, Carougeois, Hugues Hiltpold se passionne très tôt pour la chose publique: il est membre du Parti radical de sa commune d [...]

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