Source: www.parlament.ch
Les commentaires aux résultats des élections fédérales ont largement convergé. Le Centre s’émiette mais se renforce. Entendez par là que le PLR et le PDC perdent des plumes mais que le PBD d’Eveline Widmer Schlumpf et surtout les Verts-libéraux se remplument eux fortement. D’où la constatation: une partie des électeurs tourne sa confiance vers des nouveaux qui prennent en compte les problèmes de façon pragmatique, qui parlent écologie mais sans dogmatisme de gauche, qui font bouger les lignes mais demeurent rassurants. Nombre de commentateurs s’en réjouissent, comme ils se réjouissent du coup d’arrêt, et même plus, porté à l’UDC.
Fort bien. Une question pourtant se pose. Comment se situera et votera ce Centre, dont les voix ne seront pas encore si nombreuses au nouveau Conseil national mais qui pourront néanmoins déterminer parfois les majorités? Car il y a deux pôles qui demeurent forts: la Gauche, soit les Socialistes et les Verts d’une part ; l’UDC d’autre part. Depuis longtemps nous souhaitons qu’un Centre droit, moderne mais ferme et solide, assure un pivot de la politique suisse. Depuis longtemps, face à la Gauche et vis-à-vis de l’UDC nous souhaitons que les éléments d’une famille libérale se rassemblent et coordonnent leur action.
C’est pourquoi il n’y a pas de quoi se réjouir d’un affaiblissement du PLR qui regroupe heureusement les anciens Libéraux et les anciens Radicaux. Pas davantage que d’un affaiblissement d’un PDC que l’on aimerait voir plus solidement arrimé au Centre droit. Pour tout dire, il paraît urgent que les responsables du PLR et du PDC engagent des discussions sérieuses, approfondies avec particulièrement les Verts-libéraux. Il est intéressant de voir que ces derniers, en bondissant électoralement, font presque jeu égal avec les Verts proprement dit qui reculent d’autant. Les Verts, à l’origine, n’étaient pas teintés de rouge. Il y avait même une filiation avec un humanisme libéral assez baigné dans une morale protestante. Ils le sont devenus de plus en plus sous l’influence de personnalités très ancrées à gauche, débordant même souvent les Socialistes de ce côté-là. Mais il y a aussi une responsabilité à droite. Nous nous souvenons d’avoir irrité les Libéraux vaudois lorsque nous les invitions à tendre la main aux Verts-libéraux, particulièrement à sa chef de file élue dimanche au Conseil national.
Or, quitte à argumenter contre certaines propositions simplificatrices, il n’est pas douteux que la préoccupation écologique avec une volonté d’innovation dans ce domaine est porteuse d’avenir. Positive vis-à-vis de la science et de la technologie, soucieuse de la vitalité économique créatrice d’emploi, cette dimension doit être mieux intégrée dans la vision et l’action de partis comme le PLR et le PDC. En revanche, sous l’influence du PLR particulièrement, il faut une ligne politique générale qui n’hésite pas à marquer ses distances envers l’UDC sa pratique et sa culture politique tout en abordant sans complexe des sujets difficiles telle que l’immigration et la sécurité. Et une ligne qui, tout en réclamant la moralisation de la finance et de l’économie sache lutter afin de préserver une liberté d’entreprendre, créatrice d’une prospérité. Une attitude enfin qui explique et intègre la nécessité inéluctable d’une collaboration européenne et internationale plus serrée.
Pour tout cela, il faut un Centre droit articulé, soucieux de bien commun et non de concurrence en son sein conduisant à des votes imprévisibles. Le résultat des élections a augmenté le flou au centre: on aimerait, dans l’intérêt général, y voir plus clair le plus rapidement possible.
