Erratum: une erreur s’est glissée dans l’interview publiée dans Le Nouveau Genevois. Il y est indiqué que Mme de Tassigny était « sénatrice », ce qui est inexact.
Pouvez-vous nous préciser le contexte général de ces élections législatives qui concernent désormais, également, les français de l’étranger dont, pour mémoire, la Suisse et le Liechtenstein constituent la 6ème circonscription, représentée par un député qui sera élu entre les 3 et 17 juin (1er et 2ème tour) ?
Les Français qui résident hors du territoire national ont déjà la chance d’être représentés par une Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Cette institution, qui a près de 80 ans, dépend directement du Ministère des Affaires étrangères. Elle est composée de 155 grands électeurs qui élisent 12 Sénateurs des Français de l’étranger. Ces derniers n’ont pas de circonscription et se partagent le monde entier. Jusqu’à maintenant, le point faible de cette représentation était surtout de n’avoir qu’un pouvoir consultatif. Ainsi, les préoccupations des Français de l’étranger étaient remontées et présentées à Paris sous forme de motion ou bien de vœux. En tant que Conseillère de l’AFE élue en 2006, cela fait partie de mes attributions. Dès le mois de juin, grâce à l’élection des 11 nouveaux députés des Français de l’étranger, les portes de l’Assemblée nationale nous serons enfin ouvertes ! Désormais, les Français de l’étranger auront donc leur place au sein du pouvoir législatif, au cœur de la République. Vous comprenez aisément l’importance d’une telle nouveauté constitutionnelle puisque nous pourrons directement faire entendre et défendre nos intérêts dans les futurs projets ou propositions de loi à voter.
Qu’est-ce que ces élections apporteront aux Français résidant en Suisse ?
Un véritable poids, une vraie représentation au sein du pouvoir législatif. Par voie de conséquence, les problèmes de nos compatriotes français résidant à l’étranger seront mieux pris en compte. Et les sujets à défendre ne manquent pas : retraite, fiscalité, retour en France, sécurité, assurances, éducation des enfants… Chaque circonscription de l’étranger a bien sûr ses spécificités. Ici, c’est évidemment la proportion de double-nationaux avec plus de 50% de franco-suisse. Aussi, ma position sur le fait de lier la fiscalité à la nationalité est par exemple parfaitement connue : j’y suis opposée ! Il y a aussi les questions transfrontalières. Nous sommes un voisin direct de la France. Pensez que Genève à plus de 140 km de frontières avec la France, et seulement 4km avec Vaud ! Nous devons collaborer, c’est un besoin vital sous peine de foncer droit dans le mur. Mais ce n’est pas toujours facile car, si nous avons la même langue des deux cotés de la frontière, nous ne parlons pas forcément le même langage politique ! Toutes les bonnes volontés devront être mises à contribution. Il y a quelques années, j’avais par exemple agit auprès du ministère des transports concernant le CEVA.
Il y a près 117’000 électeurs français en Suisse. Comment vous adressez-vous à cet électorat ? 
La communauté française vivant en Suisse est la plus importante du monde avec près de 200’000 personnes. Comment atteindre nos électeurs ? C’est un véritable défi puisque nous ne pouvons faire ni campagne d’affichage, ni distribution de prospectus sur les marchés. La nationalité de nos électeurs n’est pas inscrite sur leur front ! Nous devons donc innover ! Il y a d’abord internet et les réseaux sociaux. Nous avons ainsi à notre disposition la Liste Electorale Consulaire (LEC) qui constitue un fichier électronique d’électeurs (environ 65’000) auquel les candidats peuvent s’adresser par l’intermédiaire de courriels. Mais ce canal de communication a vite prouvé ses limites car les gens ont été submergés d’e-mails sans en être vraiment informés à l’avance. Il y a eu des abus et c’est aujourd’hui devenu quasiment contre-productif. Il y a aussi les réseaux personnels et le bouche à oreille qu’il ne faut surtout pas négliger !
Quel est votre positionnement politique ?
Je suis investie par le parti radical français de Jean-Louis Borloo. C’est ma famille politique et je me situe donc au centre droit. Une droite humaniste fondée sur les valeurs de liberté et de justice sociale. D’autres m’ont approché, comme le MoDem. Malheureusement, la vision réaliste de départ de François Bayrou a glissé vers des positions qui ne me conviennent plus du tout. Et j’ai donc privilégié l’investiture radicale.
Que pensez-vous de la démultiplication des candidats (10 dont 5 à droite) ?
La déperdition des voix sera importante. Je le regrette. Si le taux de participation aux législatives avoisine les 40%, l’élection ne se jouera pas à grand-chose ! La seule certitude ? Une triangulaire est impossible puisqu’il faut au moins avoir 12,5% des voix des inscrits pour être automatiquement au second tour. En la circonstance ce sera impossible ! Mais la Suisse n’est pas une exception. Toutes les circonscriptions de l’étranger présentent entre 10 et 12 candidats.
Est-ce que vous sentez un intérêt pour cette campagne, de la part des Français vivant en Suisse?
C’est une première. Nous essuyons forcément un peu les plâtres ! Il faut lancer la machine, et ce n’est pas toujours évident. Beaucoup ne sont pas très au courant et la présidentielle a concentré toute l’attention. Du public, mais surtout des médias ! Mais cette nouvelle représentation pour nos concitoyens de l’étranger est une chance pour eux et chaque député élu aura à cœur de défendre les intérêts de cette population française qui vit aux quatre coins du monde.
Contact : info@detassigny2012.ch
www.detassigny2012.ch
Bio
Né à Nyon d’un père fribourgeois et d’une mère française, Marie-Françoise d’Anglemont de Tassigny fut député au Grand Conseil de 1995 à 2007 et Présidente du Grand Conseil en 2005. Elle a dirigé le service de la Petite enfance durant 20 ans et est Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger depuis 2006



