A Genève, c'est sportif !

La situation du sport d'élite à grand spectacle à Genève est paradoxale et les autorités hésitent souvent entre investir beaucoup et laisser-faire.

Quel est votre plus grand souvenir d'évènement sportif à Genève ? En ce qui me concerne, il s'agit de l'arrivée de la Coupe de l'America en 2003. La compétition s'était déroulée à l'autre bout de la Terre, mais lorsque la forme de la coupe a été projetée au laser rouge sur le jet d'eau et qu'Ernesto Bertarelli est arrivé sur le quai en la brandissant, il y a eu une vraie émotion parmi les quelques 30'000 personnes présentes.

Avec le recul, il vaut la peine de noter que ce succès au retentissement mondial n'a rien coûté à Genève, ni en investissement, ni en fonctionnement. Mais quel retour !

Alors qu'en est-il des autres sports ? Grosso modo, il y a les rares pour lequel la ville et l'état en font beaucoup et les innombrables qui n'ont droit à (presque) rien. Prenez le football : plus de cent trente millions ont été investis pour un stade, mais il n'y a presque plus d'équipe à mettre dessus. Le hockey sur glace vit l'inverse : une superbe équipe, mais une patinoire hors d'âge. Du coup, c'est dans le soutien aux juniors que s'engouffrent les millions.

Les autres disciplines n'ont pour elles que leur nombre : volley, basket, tennis, cyclisme, judo, athlétisme voient les saisons passer et l'implication publique rester à son minimum.

Quand donc aurons-nous une attitude dépassionnée de l'état vis-à-vis du sport ? Le plus tôt serait le mieux. Certes, personne ne demande à nos fonctionnaires d'être à l'origine de grands évènements comme la coupe de l'America. Ceci est l'affaire de privés passionnés et dotés de forts moyens qu'ils peuvent investir comme bon leur semble. Mais quant aux infrastructures sportives pour tous ? Est-ce trop exiger que d'avoir des douches correctes au Bout du Monde ?

Les chantiers possibles sont nombreux, mais nos autorités pourraient faire beaucoup mieux. Un enfant qui s'entraîne n'est pas un enfant qui traîne.