En Suisse aussi, la politique est une affaire de personnes. Le 6 octobre, plus de 400 candidats se proposent au vote des Genevois. C'est la dernière qui sonne pour répondre à l'éternelle question : comment gagne-t-on une élection ? Est-ce la qualité des idées ? Au vu du nombre d'élus qui n'ont soit, pas une idée soit, en tous les cas, pas la moindre idée originale, on peut en douter. Du côté des idées il vaut mieux adhérer à un parti qui saura vous rédiger un programme qui tient la route. Est-ce une belle gueule ? Indiscutablement, on se rapproche de la vérité.
Mais quand on voit Angela Merkel, ce critère ne doit pas être le seul. A ce sujet on glissera seulement qu'il est important de savoir s'habiller de circonstance, pour que les électeurs se sentent bien représentés. Georges Marchais avait beau être communiste, cet ouvrier métallurgiste portait costume et cravate en toute circonstance car il tenait à être vu comme l'égal de tous les autres politiciens.
Alors, quoi ? Faut-il avoir fait des études incroyables et passé quinze ans à l'université ? Certes non car une conséquence fréquente d'un long parcours académique, c'est de ne plus arriver à se faire comprendre par la plupart des gens. Faut-il alors avoir du courage ? Certes, cela aide un peu. Mais à un moment ou à un autre, un politicien doit toujours faire preuve de prudence et être capable de faire évoluer ses positions. Il vous dira probablement à ce moment-là que « ce n'est pas la girouette qui tourne, mais c'est le vent. »
Alors, c'est simple : pour être élu, il faut aimer ça. En effet, on pardonnera beaucoup à celui qui a de l'enthousiasme et transmet son envie d'aller de l'avant. En revanche il est difficile de voter pour quelqu'un qui traîne son malaise et son prétendu sens du devoir de meeting en rendez-vous et qui semble vouloir toujours s'excuser de tout. A celui-là, l'électeur bienveillant permettra d'arrêter son calvaire et ira voter pour quelqu'un d'autre. Courage, force de travail, ambition, présentation, idées : tout cela est bel et bon.
Mais pour gagner, la seule bonne et vraie recette qui entraîne tout le reste, c'est le plaisir. D'ailleurs vous l'avais-je dit ? La politique, moi, j'adore !
PS et pour tous ceux qui ont déjà vécu l'expérience, une campagne électorale dans laquelle on ne prend pas de plaisir, c'est long, très long…
PPS Cicéron a écrit un savoureux « Petit manuel de campagne électorale » à l'intention de son beau frère. Idéalistes s'abstenir.