Le respect devrait habiter la politique

La semaine qui s'achève a été marquée par le discours de politique générale du nouveau Premier ministre Manuel Valls. L'opposition avait le droit et le devoir de relever des contradictions, des imprécisions et des illusions. Il est évident que le Président et le Premier ministre sont écartelés entre leur analyse de la réalité et les turbulences agitant une majorité qui est de moins en moins homogène. En fait, c'est toute l'ambiguïté de la campagne présidentielle ayant porté François Hollande au pouvoir qui éclate au grand jour.

Il n'empêche qu'un effort, une tentative de redressement, un engagement réel émanent du Président et de son Gouvernement. Il aurait donc été normal, qu'avant de critiquer le discours de Manuel Valls, l'opposition l'écoutât avec l'attention requise par l'événement et le respect dû à la fonction. Au lieu de cela, l'opposition s'est excitée à l'Assemblée nationale, faisant monter les décibels à un niveau digne d'un chahut estudiantin. Les téléspectateurs n'auront pu qu'être consternés par cette ambiance. Leur estime pour la politique et les politiciens aura encore baissé d'un cran.

L'ancien ministre de droite et commentateur de philosophie, Luc Ferry, ne s'y est d'ailleurs pas trompé ; il a dénoncé avec colère ce comportement. Non, le débat politique, dans une démocratie saine, n'autorise pas l'ensevelissement de toute éducation. Oui la confrontation vive est l'essence du parlement. Mais elle n'empêche pas une maitrise de soi qui ne perde jamais de vue le respect des contradicteurs en tant que personnes et le respect de leur fonction. En Suisse, les débats parlementaires dérapent un peu moins. Oh, il ne s'agit pas de prôner le silence religieux. Quelques éclats de protestation, de rire même, des gestes d'irritation et un certain bruit de fond sont dans la nature des choses. Mais au-delà, c'est la politique et ses acteurs qui perdent le respect et la confiance. Or la démocratie mérite des citoyens et des représentants dignes d'elle.