Maurer, après une campagne calamiteuse, a affirmé qu'il n'y avait pas de plan B à l'acquisition du Gripen. Alors ? L'indécision et l'inaction du Conseiller fédéral UDC peuvent coûter cher à la Suisse.
La flotte de Tiger doit être retirée du service en 2016. La flotte de Hornet atteindra sa limite de vie en 2025. Il n'y aura alors plus d'appareils pour assurer la police du ciel, ni la défense aérienne de la Suisse en cas de crise. Dans ces conditions, il faut envisager la fin de la Genève internationale et l'abandon de notre souveraineté à l'OTAN.
Sachant qu'il faut une dizaine d'années entre l'évaluation et la disponibilité opérationnelle d'un avion de combat, un choix stratégique et politique doit avoir lieu au plus tard dans un an. Le temps est donc compté et 3 scénarios sont envisageables (par ordre croissant de faisabilité) :
1. Attendre. Mais dans 5 ans, les avions à évaluer seront les mêmes qu'aujourd'hui. Les partisans de ce scénario souhaitent secrètement l'achat de Lightning II. Mais celui-ci coûte quatre fois plus cher que le Gripen E. Un fonds spécial à 12 milliards, ça vous parle ?
2. Négocier l'achat d'Eurofighter ou de Rafale d'occasion. On peut imaginer que l'achat de 10 appareils se monte à un tiers de la facture de 22 Gripen neufs. Mais occasions signifient pas de choix quant à leur équipement. Sera-t-il compatible avec nos systèmes actuels ?
3. Renégocier les contrats avec la Suède pour 3 tranches de 10 Gripen d'occasion. 10 en 2017, 10 supplémentaires en 2020, et 10 pourraient ensuite être acquis pour remplacer nos Hornet. Cette solution permettrait de maintenir les coûts de chaque achat en-dessous du milliard de francs et sauverait nos accords de partenariat et de compensation avec la Suède. Mais ces accords pourront-ils être sauvés ?
Finalement, il y a donc 3 plans B, M. Maurer ! Et en mettre 1 en place requerra un réel leadership, une vision et un consensus politiques, (et c'est là que le PLR se fait du soucis quant aux capacités du Conseiller fédéral UDC). Dans tous les cas, le PLR devra se battre pour que l'une de ces alternatives devienne réalité. Il en va de la pérennité de la Genève Internationale et de la prospérité de notre pays.