Quelle que soit notre opinion sur l'imposition, les budgets et les dépenses de l'Etat, il ne faut pas se tromper : la Suisse est impliquée dans une véritable guerre économique. Une partie de la gauche mais aussi ceux qui mènent actuellement les négociations avec l'Union européenne et les Etats-Unis semblent ne pas vouloir le voir. Isolé sur la scène mondiale et continentale, notre pays est une cible évidente pour tous ceux qui veulent décréter chez les autres les grands et beaux principes qu'ils se refusent à appliquer chez eux.
Il est facile de s'acharner sur un secret bancaire suisse qui n'existe déjà presque plus alors que pullulent aux Etats-Unis et dans quelques dizaines d'îles plus ou moins paradisiaques des régimes bien plus opaques et sans aucun contrôle ni légal ni démocratique. Londres et Washington ne se gênent pas pour entretenir dans leurs poussières d'Empire colonial des porte-avions nucléaires de guerre économique, aux Antilles mais aussi dans les fameuses îles anglo-normandes. La City de Londres et certains états américains permettent, grâce à l'institution du trust, de dissimuler complètement le véritable bénéficiaire de sociétés et de comptes. Un modèle d'opacité à côté duquel la place financière suisse est un modèle de clarté.
Il n'est plus temps de s'auto flageller gratuitement. D'accord pour plus d'équité et de transparence. Mais pour tous et partout. Il faut que nos autorités le comprennent bien : nous ne sommes pas d'accord de capituler seuls en rase campagne.
Je propose que le Conseil fédéral lance une véritable contre offensive médiatique et diplomatique. La Suisse peut se permettre d'investir d'importantes ressources financières et humaines pour mener cette guerre économique avec des moyens de communication modernes et percutants. Il faut réunir autour de cet objectif ceux qui veulent une économie financière plus juste et équitable mais aussi ceux qui ne veulent pas que la Suisse soit la victime solitaire d'Etats puissants mais mal gérés qui cherchent à se refaire une virginité financière sur le dos de notre pays. La préservation de nos emplois et de notre Etat social est à ce prix.