Ce n'est pas une question simple. Pour être au pouvoir ou avoir une parcelle de pouvoir ? Pour prendre une influence sur le cours des choses ? Parce que je me sens très intégré et très intéressé à ce qui se passe ici et veut contribuer au bon fonctionnement de notre communauté ? Un peu de tout cela.
Et du pouvoir pour faire quoi ?
Et bien, pour faire entendre ce type d'arguments ou cette voix :
a) Rappeler à mes concitoyens que nous sommes tous responsables de la bonne marche de notre société. Que les grands problèmes économiques, écologiques et de santé publique ne trouveront pas une solution par le haut où l'État s'occupe de tout. Qu'il faudra bien, en fin de compte, une modification des comportements individuels.
b) L'État ne peut pas tout. Car ses moyens sont limités et doivent le rester. Un État qui peut tout est un État totalitaire. L'État doit être géré de manière parcimonieuse. Le salaire moyen des fonctionnaires ne devrait pas dépasser celui payé dans le privé.
c) Notre système économique est le meilleur, jusqu'à preuve du contraire. Il permet d'organiser les jours et les activités humaines. Il répartit, même imparfaitement, les fruits du travail. Il permet de créer de la richesse.
d) Je veux donc défendre ce système et le rôle des entrepreneurs. Le défendre contre deux écueils : une étatisation qui tue l'initiative privée et déresponsabilise ; un corporatisme qui ferme l'accès aux nouveaux entrants.
e) Je veux lutter contre le transfert intergénérationnel des problèmes : l'exemple le plus évident étant la question des retraites.
f) Je suis contre ceux qui donnent une illusion de solution en stigmatisant une catégorie indifférenciée et indéfinie : les frontaliers, les conducteurs de 4X4, la finance internationale, les étrangers, les patrons, les Roms...
g) Je suis pour la croissance, pour le Grand Genève et la construction de logements en suffisance. Je pense que l'on peut construire sans dénaturer, bâtir une agglomération compacte, multipolaire et verte. Un lieu prospère où il fait bon vivre.
Parfois je m'énerve : j'ai le sentiment que nous galvaudons nos atouts, que nos succès sont immérités. Mais je me rends vite compte que cette critique est injuste. Que la bonne santé de notre économie est le fruit du travail quotidien des uns et des autres, quel que soit leur rôle ou fonction. Si notre Administration fonctionne bien et que notre économie est prospère, nous le devons à celles et ceux qui nous ont précédé et qui ont posé des bases solides. Nous pouvons en être fier, nous qui y avons contribué selon nos moyens.
Est-ce que cette prospérité nous est garantie pour l'éternité ? Je ne le pense pas non plus. Au milieu d'une Europe en crise et d'une époque qui s'interroge sur ses idéaux, il faudra faire preuve d'humilité, de persévérance et de travail pour continuer à vivre dans ce havre paisible et prospère. Faire preuve d'humilité et aussi avoir de la chance.
Voici donc le chemin de pensée qui m'amène à poser ma candidature au Grand Conseil.