Quand les taxis roulent à contresens

Dans la nature, ce qui ne parvient pas à s'adapter à de nouvelles conditions de vie est condamné à disparaître. Malheureusiement, c'est ce qui arrivera à la corporation des taxis d'ici quelques années si elle ne veut pas saisir que les modes de consommation ont changé. C'est triste, et socialement coûteux. D'honnêtes travailleurs vont perdre leur gagne pain parce que ceux qui dirigent leur profession les mènent au blocage au lieu de les préaprer à évoluer. Jusqu'à paralyser le centre ville et menacer de faire encore pire, et demander la démission d'un Conseiller d'Etat. Rien que ça!

De leur côté, les Uber ne sont de loin pas sans reproches. Travaillant hors du cadre légal, la nouvelle application est une provocation. Le statut des chauffeurs n'est pas clair, des questions d'assurance, de formation entre autres restent à régler. La petite startup géniale s'est transformée en multinationale US donc les intentions doivent être examinées de très près. Les Uber ont actuellement un avantage sur les taxis que ceux-ci ressentent fortement. Mais les taxis officiels, qui ont payé leur licence, bénéficient de l'usage du domaine public et, pour partie, des couloirs de ciculation réservés. 

Pourtant, l'arrivée d'Uber a deux mérites : elle répond exactement au besoin de ceux qui veulent une manière souple de commander une voiture de payer sans tracasseries, par carte ou débit automatique. Installée dans le smartphone de mes deux filles, l'application Uber leur a à plusieurs reprises permis de rentrer sans problème alors qu'elles n'avaient plus un sous poche. D'ailleurs, l'idée du car-sharing est dans l'air, et, quand elle ne heurte pas de front la corporation des taxis, elle est plutôt bien vue. C'est une manière de diminuer le nombre de véhicules qui encombrent nos routes avec moins de 2 passagers à bord. Il y a quelques années, forcé de me tenir une petite heure à proximité de la rue des Acacias, j'y ai recensé environs 300 véhicules pour 400 occupants, soit une moyenne de 1,3 personne. Cela plaide sans aucun doute pour une utilisation intelligente de l'auto-partage. 

Cette application, avec tous les défauts cités plus haut, à un autre mérite : elle a poussé les taxis à se moderniser à grande vitesse. Application informatique, meilleur traitement du client. La profession peut donc évoluer, si elle le veut.

Il faut donc encourager les efforts de Pierre Maudet qui cherche une voie pour concilier les exigences légales actuelles avec les besoins des citoyens modernes. C'est exactement pour cela qu'il a été élu. Si les taxis, choisissent de bloquer la ville, ils n'auront réussi qu'à démontrer qu'ils naviguent contre le temps et le cours des événements. Ils auront aussi choisi d'utiliser des manifestations illégales qui prennent en otage les Genevois qui travaillent. 

D'autant qu'avez leur petit drapeau noir flottant au dessus des véhicules, ils se donnent un petit air de Daech tout à fait adéquat par les temps qui courrent !

Rolin Wavre
Candidat au Conseil national