La faim dans le monde est un problème bien réel auquel plusieurs millions de personnes sont malheureusement confrontées. Si nous sommes tous d'accord pour affirmer qu'il importe d'agir contre cette situation inadmissible, nous ne pouvons en revanche pas soutenir l'initiative dogmatique des jeunes socialistes dite « stop à la spéculation sur les denrées alimentaires », dont le contenu ne tient pas la route. Prétendre qu'interdire aux acteurs financiers basés en Suisse d'investir dans des instruments financiers se rapportant à des matières premières agricoles résoudra la problématique de la faim dans le monde est fallacieux; de nombreuses études ont en effet démontré qu'il n'y a aucun lien entre ces deux facteurs : le prix de ces denrées dépend généralement de l'offre et de la demande locales, autrement dit rien à voir avec les activités en Suisse. Pire encore, des études prouvent que la fluctuation du prix des matières premières s'opère statistiquement à la baisse. En plus de ne rien résoudre, cette initiative pernicieuse menace clairement de nombreuses entreprises en Suisse et à Geneve en particulier, où le secteur du négoce représente 22% de notre PIB. Opposons-nous avec fermeté à ce nouveau coup de canif à notre édifice de prospérité et cessons de jouer avec le feu, en courant le risque de perdre de nombreux emplois. Halte à une initiative irresponsable qui ne résorbera en rien la faim dans le monde, enjeu sérieux auquel il s'agit de s'attaquer avec responsabilité!
Vincent Subilia
Conseiller municipal PLR, Ville de Genève
Directeur adjoint, Chambre de Commerce, d'Industrie et des Services de Genève