VW-Fifa: libéral malgré eux

Le coup de Volkswagen, on se pince pour y croire. Comment peut-on être aussi bête ? Penser que la tricherie au test antipollution pour l'homologation des voitures diesel ne serait jamais découverte ? Il y a deux fautes graves, l'une en regard de la légalité, l'autre est d'ordre moral. Faire croire que des voitures sont écologiques alors qu'elles ne le sont pas, alors que le lutte contre la pollution est devenue une priorité mondiale, oui cela est une faute morale et une expression d'irresponsabilité aux fins de gagner le plus possible et le plus vite possible des marchés commerciaux. N'allons pas pour autant faire des Américains des anges vertueux. Jusqu'à maintenant ils restent parmi les plus gros pollueurs de la planète. Et rien ne leur fait plus plaisir que d'affaiblir leurs concurrents, qu'il s'agisse de banques, de technologies de pointe ou de l'automobile. Mais cela n'enlève rien à la faute qui sidère et scandalise. 

Et la Fifa, cette énorme association du football mondial dont le siège est en Suisse et que préside un Suisse ! Oh, là on est moins stupéfait. On sait que l'argent y règne en maître, que les fédérations nationales monnaient leurs appuis au gré des cadeaux qu'elles reçoivent. Rien n'étonne mais tout attriste. Cette énorme Organisation privée mondiale devrait être la garante du rêve sportif, d'une incitation à l'énergie, à la réussite mais aussi au fair-play pour les jeunes. C'était l'engagement d'un Adolf Ogi, par exemple, sous le drapeau de l'ONU. Or, que le Président suisse Sepp Blatter soit directement coupable d'un délit ou non, le mal est fait : tout le monde est convaincu que la FIFA est gangrénée jusqu'à l'os par l'argent et la corruption. Oui, c'est triste. 

Alors, bien sûr, ceux qui ont toujours pensé que la liberté économique conduisait immanquablement à cela ricanent et s'exclament qu'ils l'avaient bien dit, qu'il ne pourrait pas en être autrement. Ce pourquoi, à leurs yeux qui louchent à gauche, il faut partout multiplier et alourdir les contrôles de toutes sortes, en tous lieux. 

Un Libéral, lui, enrage de constater de telles dérives. Elles sont comme une blessure personnelle, une attaque dans le dos, perturbant son goût de la liberté responsable et sa confiance dans le libéralisme économique : lequel a été baptisé à l'origine dans une éthique religieuse. Faudrait-il donc renier sa foi libérale ? Nullement. Dans une vue globale constatons que cette liberté d'entreprendre, de créer de s'organiser est le grand facteur d'innovation, de développement, de prospérité. C'est d'ailleurs un sujet clé des élections fédérales. La Suisse a besoin de liberté, de moins de lois et de tracasseries administratives, particulièrement pour ses petites et moyennes entreprises. Avec toute la considération que l'on doit aux fonctionnaires zélés et compétents, ce n'est pas eux qui créent la richesse générale dont la population a besoin et qui permet aussi la solidarité envers les plus faibles. Oui, nos sociétés ont fondamentalement besoin de la liberté et du libéralisme économique. Leur encadrement nécessaire ne doit pas conduire au découragement et à l'étouffement. 

Finalement, la voie est clairement la suivante : garantir la liberté responsable et sanctionner la dérive irresponsable. Débusquer cette dernière peut prendre du temps. Bien des choses peuvent échapper à l'investigation. Dans la balance à tenir, mieux vaut cela que trop d'atteinte nocive à la liberté . En revanche, lorsque l'abuseur est démasqué, alors oui la sanction s'impose. Et un Libéral y tiendra plus encore qu'un Socialiste car c'est de sa propre philosophie de vie dont il s'agit.