Face à la surpopulation des prisons à Genève et au vu de la situation des établissements carcéraux jurassiens, des élus PLR des deux cantons demandent à leur gouvernement respectif d'étudier un projet conjoint
Genève rencontre depuis plusieurs années une situation de crise de sa capacité carcérale. Régulièrement, le taux d'occupation de la prison de Champ-Dollon dépasse les 100%. Le refus par le Grand Conseil du projet des Dardelles en 2020 a laissé le canton dans l'impasse. Qui plus est, la rénovation de Champ-Dollon tout en maintenant son activité s'avère compliquée et coûteuse.
Pour autant, le fédéralisme implique que chaque canton est responsable de l'exécution des peines et doit veiller à disposer d'infrastructures pénitentiaires adaptées aux besoins. De son côté, le canton du Jura voit ses établissements pénitentiaires se détériorer. Il dispose par ailleurs des réserves foncières nécessaires mais manque de moyens financiers pour porter seul un nouveau projet.
Cette situation a engendré la proposition portée conjointement par les députés genevois Pierre Nicollier et jurassienne Irène Donzé invitant leur gouvernement à évaluer la faisabilité d'un établissement pénitentiaire intercantonal sur le sol jurassien. Les deux cantons pourraient ainsi concrétiser un projet répondant aux besoins urgents de Genève tout en générant des retombées économiques et institutionnelles durables pour le Jura.
"Nous proposons de transformer nos contraintes complémentaires en une opportunité mutuelle", souligne Pierre Nicollier. "La coopération entre nos deux cantons n’est pas seulement une option, c’est une nécessité pragmatique", ajoute Irène Donzé. Aux yeux du PLR, la solidarité interrégionale pourrait permettre de dépasser les blocages locaux pour offrir des réponses concrètes et innovantes aux défis de la sécurité et de la justice.