Projet de budget 2026 bis: le PLR Genève s'inquiète de l'explosion des charges

Suite à la présentation de la nouvelle mouture du budget par le Conseil d'État, le PLR déplore une augmentation du déficit malgré une hausse des revenus.

Le projet de budget 2026 bis présenté ce lundi matin par l'Exécutif à la commission des finances du Grand Conseil affiche un déficit de 599,4 millions.

Après trois mois de travail sur le budget 2026, le Conseil d'État revient avec un projet similaire à celui déposé en septembre 2025 et amendé en novembre. Le PLR est inquiet de l'absence de mesures structurelles ainsi que de l’augmentation des charges de fonctionnement dans cette nouvelle mouture du budget. 

Pour rappel, le budget 2026 souffre de l’augmentation massive des charges contraintes, tout particulièrement dans les domaines de la santé et de l'aide sociale. Dans un souci de responsabilité, le PLR rappelle qu'il est important de s'attaquer à la racine des problèmes. Tel est l’objectif, par exemple, du projet de loi déposé par la députée Natacha Buffet-Desfayes en novembre dernier. Face à l'explosion du nombre de jeunes à l'aide sociale et constatant que pour certains d'entre eux, il est plus avantageux de bénéficier de cette aide plutôt que de suivre une formation professionnelle ou de travailler dans un secteur à forte pénurie de main-d'oeuvre, le texte propose de modifier la loi (LASLP) afin que "les prestations d'aide financière cumulées ne (puissent) dépasser les revenus issus d'une formation professionnelle, pour les jeunes de 18 à 25 ans."

Aux yeux du PLR Genève, la dégradation du résultat du PB2026 bis (soit un déficit de près de -600 millions contre -409,4 millions de déficit dans le PB2026 déposé en septembre 2025) est d'autant plus inquiétante que les revenus ont, eux, augmenté de 93,1 millions par rapport au PB2026 initial. Diane Barbier-Mueller, membre de la commission des finances a rappelé à ce sujet que "la hausse des recettes fiscales des personnes physiques (+145 millions) démontre que les baisses d'impôts ont été bienvenues pour la population".

Faire preuve de responsabilité

Qui plus est, les méthodes de prévision mises en place par le Département des finances permettent désormais d'avoir une vision plus juste. "Comme l'a souligné Nathalie Fontanet, conseillère d'Etat chargé des Finances, il apparait de plus en plus clairement que la phase des revenus extraordinaires est derrière nous", a insisté Pierre Nicollier. De quoi inciter à une plus grande prudence dans les dépenses. 

Face à l'explosion des charges, Diane Barbier-Mueller n'a pas mâché ses mots: "Le Conseil d'État ne peut pas continuer à gouverner sans responsabilité, il en va de l’héritage que nous laisserons aux générations futures. Nous nous devons de leur laisser un état sain. Aussi nous étudierons les propositions de réformes structurelles du mois de juin avec la plus grande attention." Un plan d'économie sera en effet présenté d’ici au 20 juin par le gouvernement. "Nous attendons les propositions du Conseil d'État avant l'été afin de revenir à des finances équilibrées, pour un Etat fort et sain", a conclu Pierre Nicollier.