JUSTICE
Lors de cette session, à l’aube de la campagne pour l’élection du Procureur général du 29 mars 2026, nos députés ont traité deux projets de loi des Verts en matière d’organisation judiciaire et d’administration de la justice.
Respecter la justice et son indépendance
À Genève comme partout ailleurs en Suisse, le tribunal des mesures de contrainte statue en matière de détention des prévenus dans la composition d’un juge unique. Les Verts proposaient de passer à une composition d’un juge et de deux assesseurs. Notre groupe s’y est opposé avec succès en rappelant que les conditions de la détention provisoire dépendent du droit fédéral exclusivement (risques de fuite, collusion, réitération) et non pas de l’organisation judiciaire cantonale. Ni le pouvoir judiciaire, ni l’association de ses magistrats, ni le Conseil d’Etat n’étaient favorables à ce projet de loi, qui n’aurait de toutes façons eu aucun effet sur le nombre de personnes en détention.
Augmenter nos capacités pénitentiaires au lieu de vider les prisons
Pour la gauche, Genève souffre d’une « surpopulation carcérale ». Sans pour autant proposer une quelconque alternative, elle demande que la prison de Champ-Dollon n’accueille plus de personnes exécutant des peines privatives de liberté de substitution (prison en cas de non-paiement d’une amende).
La gauche propose aussi de remplacer ce mécanisme par un travail d’intérêt général. Si cette idée est assurément noble, elle est tout simplement contraire au droit fédéral (cf. art. 36 du Code pénal suisse).
À Genève, le vrai problème, c’est que nous avons une dotation pénitentiaire insuffisante (exécution des peines). Or, les mêmes partis qui se sont opposés il y a quelques années à la construction de la prison des Dardelles sont ceux qui aujourd’hui refusent d’appliquer le droit fédéral.
Hélas, le projet de loi a malgré tout été voté sur le siège par une majorité de centre-gauche, mais la Conseillère d’Etat Carole-Anne Kast, cheffe du DIN, a refusé de demander le troisième débat en raison des problèmes juridiques posés par ce PL. Le sort de ce dernier est donc loin d’être scellé.
MOBILITÉ
Des infrastructures de mobilité transfrontalières qui tiennent la route
Avec le soutien du PLR, par la voix du député Jacques Béné, le Grand Conseil a adopté un crédit d’investissement de 39,5 millions de francs afin d’accélérer la réalisation de projets transfrontaliers structurants pour Genève.
L’objectif n’est pas de financer des infrastructures en France voisine, mais de réduire durablement le trafic pendulaire dans le canton. La France a pris des engagements clairs, tant sur les plans financier que politique.
Ce projet de loi est en phase avec la vision défendue par le PLR : une collaboration transfrontalière aussi ambitieuse que pragmatique au service des Genevoises et des Genevois.
En finir avec les limitations de vitesse idéologiques sur les axes structurants
Lors de la dernière législature, le Conseil d’Etat a voulu imposer une limitation à 30km/h sur toutes les routes de notre canton en mettant le Grand Conseil et le peuple devant le fait accompli. Pour le PLR, un tel fait du prince est parfaitement inacceptable.
Certes, une limitation à 30km/h pourrait avoir du sens dans certains quartiers résidentiels afin de tenir compte des besoins légitimes des habitants confrontés à d’importantes nuisances sonores.
En revanche, sur les axes structurants du canton, une telle limitation n’est rien d’autre qu’une chicane idéologique aussi absurde qu’injustifiée contre les transports individuels motorisés.
C’est pourquoi, sur l’initiative de la commission thématique de la mobilité de notre parti, le député Murat Alder avait déposé un projet de loi pour inscrire clairement dans la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée le principe selon lequel la limitation de vitesse sur les axes structurants du canton est de 50km/h au moins.
C’est à une très large majorité que le Grand Conseil a adopté ce projet de loi, dans le sillage de la Mobilitätsinitiative portée par le PLR zurichois en novembre 2025.
ECONOMIE
Dénoncer le scandale des indemnités de chômage en souffrance
C’est avec force et conviction que notre groupe, par la voix du député Yvan Zweifel, a soutenu une motion LJS et amendé une motion socialiste en réponse au scandale des indemnités de chômage en souffrance en suite d’un grave dysfonctionnement informatique au niveau fédéral.
Que des personnes sans emploi, pour certaines fortement précarisées, soient dans l’impossibilité de percevoir leurs indemnités de chômage, et donc, de payer leurs loyers, leurs primes d’assurance-maladie, leurs impôts et leurs autres factures en raison de ce dysfonctionnement est parfaitement choquant et totalement inadmissible.
Aux côtés des autres formations parlementaires, le groupe PLR a fait entendre son indignation en demandant au Conseil d’Etat de faire en sorte que les bénéficiaires touchés puissent obtenir rapidement des avances sur leurs indemnités sans faire l’objet de quelconques sanctions et de mettre en œuvre des solutions similaires à celles qui avaient été trouvées lors de la crise du Covid-19 d’entente avec les différents partenaires en matière de baux et loyers.
SPORT
Notre initiative populaire sera opposée à un contre-projet dépensier et clientéliste
En 2024, notre parti a lancé une initiative populaire pour une politique sportive ambitieuse à Genève. L’objectif de ce texte de rang constitutionnel était de combler une lacune de notre charte fondamentale, en particulier eu égard à la place importante qui y est consacrée à la culture. Largement soutenue par les acteurs et milieux du sport genevois, cette initiative n’avait, tant de l’avis du Conseil d’Etat que du PLR, nullement besoin de se voir opposer un quelconque contre-projet.
Toutefois, pour une majorité de centre-gauche du parlement, l’occasion était trop belle de ne pas saisir cette opportunité pour proposer un projet de loi consacrant une charge contrainte annuelle de 33 millions de francs, évidemment contestée avec fermeté par le PLR.
En effet, ce projet de loi se veut à la fois un contre-projet à l’initiative, une loi de mise en œuvre de celle-ci et un budget partiel, en violation des règles les plus élémentaires du droit constitutionnel et de bonne gestion administrative et financière de l’Etat.
Par un amendement de nos députés Pierre Nicollier, Alexandre de Senarclens et Celine van Till, nous avons tenté d’atténuer ce projet de loi dépensier au moyen de la même cautèle budgétaire qui existe dans tous les contrats de prestations conclus par l’Etat, mais le clientélisme de la majorité de centre-gauche a malheureusement prévalu.
Ceci n’empêchera nullement notre parti de défendre son initiative dans les urnes jusqu’au jour de la votation.