Le groupe PLR a voté le rapport de gestion et les états financiers 2025. Toutefois, cette acceptation ne signifie pas que nous soyons satisfaits de la trajectoire des finances publiques ni des économies structurelles attendues du Conseil d’Etat.
Les comptes affichent un excédent de revenus de 50 millions de francs, même si le budget prévoyait un déficit bien plus important. Ce résultat est bien évidemment dû à des éléments favorables mais qui ne correspondent pas à la maîtrise durable des dépenses publiques que le PLR réclame depuis longtemps. Il repose en bonne partie sur des revenus fiscaux supérieurs de 166 millions de francs au budget ainsi que sur la redistribution du bénéfice de la BNS à hauteur de 117 millions.
Par rapport aux comptes 2024, les charges augmentent de 490 millions de francs, soit de +4,7% en une année. Une partie de ces charges sont dites « contraintes » telles que le sont les prestations sociales, de santé, les subsides LAMal, les EMS, les HUG, les subventions aux entités, etc. Pour agir sur ces charges contraintes, il faut remettre en question les dispositifs mis en place. Il faut évaluer les prestations et supprimer les doublons. Tout cela nécessite un courage politique qui implique de ne pas rester bras ballants devant l’augmentation constante des charges. Le PLR ainsi attend du pouvoir exécutif et du parlement une réelle maîtrise des charges et de vraies réformes pour mettre un frein à l’augmentation de ces charges.
Nous saluons la démarche qui a conduit le Conseil d’Etat à demander des pistes crédibles d’économies, décrites dans le « rapport Zuin ». Espérons que ce rapport conduira le politique à un vrai chantier de réformes, sérieuses, transversales et assumées.
Le PLR exige que chaque franc public dépensé soit justifié et que les politiques publiques soient évaluées. Les dépenses existantes ne doivent pas être intouchables. A Genève, il n’y a pas de problème de recettes mais un réel problème de dépenses.
Le PLR a refusé 6 politiques publiques :
- La politique publique de la cohésion sociale car les dossiers à l’aide sociale sont en nette augmentation et parce que le DCS manque cruellement d’une stratégie globale pour aborder avec efficacité par exemple les problématiques de santé mentale chez les jeunes. A la fin de l’année 2025, l’Hospice général suivait plus de 19’000 dossiers financiers, représentant plus de 31’000 personnes. Les prestations dépassent les 500 millions de francs. Parmi les signaux les plus préoccupants, il y a l’augmentation du nombre de jeunes qui entrent dans l’aide sociale ou qui risquent d’y rester durablement. C’est pour cela que le PLR a déposé un projet de loi et une motion pour remettre au centre la formation professionnelle et l’insertion des jeunes.
«Valoriser la formation professionnelle, le monde du travail et le bénévolat et réduire les lourdeurs administratives » (le projet de loi: https://ge.ch/grandconseil/data/texte/PL13720.pdf )
«Pour plus d’efficacité dans l’accompagnement des jeunes adultes en décrochage scolaire, en rupture de formation ou d’apprentissage et à l’aide sociale!»
- La politique publique de la culture, sport et loisirs. Cette politique ne fait preuve d’aucune cohérence ni d’aucune vision. Le rapport Zuin, publié en mai 2026, rapporte que le subventionnement culturel genevois est de loin supérieur à tout ce qui se fait au niveau helvétique et européen. Une vision claire de la politique culturelle et du rôle des communes et du Canton doivent enfin être affirmée.
- La politique publique de l’environnement et de l’énergie. L’État multiplie les leçons en matière d’écologie et d’environnement à l’égard des citoyennes et citoyens, comme des entreprises, tout en peinant lui-même à passer à l’action. Alors même qu’il dispose des compétences, des ressources et des moyens nécessaires, il n’est pas acceptable que l’État exige toujours davantage des autres sans être exemplaire dans ses propres réalisations.
- La politique publique aménagement et logement. Ni l’Etat ni le département ne disposent aujourd’hui d’une vision claire en matière de densification et de développement du territoire. Le projet de l’hôpital de Loëx en est une nette illustration et le PLR a d’ailleurs déposé une motion pour relancer le développement du site. L’absence de vision concerne également le déclassement possible pour des nouveaux logements et équipements publics, ce qui risque d’accentuer la pénurie pour les prochaines années.
- La politique publique de la santé. Le rapport Zuin a mis en lumière les problèmes rencontrés par les HUG et l’IMAD, institutions qui bénéficient à l’heure actuelle de subventions importantes. Le Département de la santé et des mobilités doit ne semble pas faire preuve de bonne volonté pour entreprendre les réformes nécessaires. Le système de santé genevois engendre des coûts trop élevés et cette situation contribue à l’augmentation des primes LAMal.
- La politique publique de la mobilité. Genève reste un enfer en matière de circulation individuelle et les coûts engendrés par les transports publics prennent l’ascenseur. Le canton mérite mieux que des débats stériles entre communes et Canton et se repositionner fortement sur la carte de la Suisse pour que ses projets d’envergure soient soutenus par la Confédération.
Genève n’a pas, rappelons-le, un problème de recettes mais bien un problème de dépenses. La preuve : des comptes positifs malgré deux baisses d’impôts récentes. Un véritable bol d’air pour la population dont le PLR se félicite.
Ce qui met Genève en danger, c’est l’incapacité persistante à maîtriser la croissance des charges. Ce qui met Genève en danger, c’est le fait de dépendre de correctifs fiscaux, de recettes exceptionnelles ou de versements non garantis pour compenser une dépense publique qui continue de progresser trop vite et plus que les recettes.
Le groupe PLR a donc accepté le rapport de gestion 2025 et les états financiers 2025, mais avec un message clair au Conseil d’Etat : le temps des constats est terminé. Le temps des économies structurelles doit enfin commencer.
Dépôt d’une motion exigeant une neutralité politique de la part de la Conférence Universitaire des Associations d’Etudiant, association faîtière et syndicat des étudiants de l’Université de Genève (CUAE)
Le groupe PLR a déposé et demandé l’urgence sur un texte qui avait pour objectif de rappeler à la CUAE qu’elle était tenue, selon ses propres statuts, à être neutre politiquement.
Pour rappel, les actions de l’association faîtière depuis de nombreuses années ont malheureusement trop souvent laissé entendre qu’elle ne représentait qu’une partie des étudiants en raison d’une orientation politique très marquée qui ne respectait pas la neutralité dont elle prétend être. Il n’y a également malheureusement que très peu de place, à l’Université, pour des débats et des invités dont les idées divergent du « mainstream » qui semble dominer l’alma mater.
La CUAE a donc décidé d’instaurer une permanence juridique au sein de ses locaux afin de prendre en charge les personnes « ayant subi des violences policières » la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin 2026 lorsque la police n’a eu d’autre choix que de nasser les manifestants de NoG7. Tous les étudiants, quelles que soient leurs idées politiques, doivent se sentir défendus et soutenus par la CUAE et pas seulement ceux qui partagent leurs avis, dans le cas précis, sur les actions de la police lors de la manifestation contre le G7.
Le PLR demande donc au Conseil d’Etat d’intervenir auprès du rectorat pour qu’il exerce une surveillance accrue de la CUAE et qu’il garantisse que tous les étudiants de l’Université de Genève puissent se retrouver dans les actions de la CUAE et ce, quelles que soient leurs orientations politiques.
Contreprojet à l’initiative Garantir la souveraineté : Non aux frontaliers dans les postes stratégiques de l'Etat !
L’IN-201, déposée par le MCG, a été partiellement invalidée par la justice. Elle prévoit que certains collaborateurs de l’État ayant accès ou traitant de données sensibles doivent être de nationalité suisse ou titulaires d’une autorisation d’établissement. Il s’agit d’un texte alambiqué et maladroit qui attaque une fois de plus les frontaliers.
Le PLR, suivi par une large majorité du Grand Conseil, a recommandé un refus de cette initiative, estimant que le texte compte de trop grandes incertitudes sur l’étendue des postes touchés mais également sur le danger qu’il ferait courir à une administration qui serait dépouillée d’une partie de ses collaborateurs et ce, à peine 12 mois après son adoption.
Nous tenons néanmoins bien entendu compte de l’inquiétude éprouvée par une partie des Genevois et avons œuvré pour que le Grand Conseil soumette un contre-projet sérieux et réfléchi à la population. Il pourrait ainsi par exemple permettre de généraliser de meilleures pratiques au sein de l’État pour favoriser l’employabilité des Genevois, tout en assurant une politique RH fondée sur les compétences.
Lien vers le rapport de Pierre Nicollier: https://ge.ch/grandconseil/data/texte/IN00201B.pdf