Depuis l’introduction du salaire minimum à Genève, les entreprises hésitent de plus en plus à offrir des jobs d’été. Au tarif horaire imposé, elles préfèrent engager des personnes formées, faisant perdre aux jeunes de belles opportunités. Véronique Kämpfen, députée au Grand Conseil, nous expose les conditions bien précises prévues par le projet de loi 13445 permettant aux entreprises de déroger au salaire minimum et offrir des jobs de vacances aux étudiants. Continuons à offrir à nos jeunes en formation la possibilité d’acquérir non seulement un revenu d’appoint, mais aussi une première expérience sur le marché du travail et votons OUI !
CHF 24,59 de l’heure. C’est ce que doivent payer les entreprises aux jeunes de plus de 18 ans qui leur demandent de travailler quelques semaines pendant les vacances scolaires pour faire un job d’été. Est-il absurdement élevé de payer plus de 4000 francs pour des travailleurs sans expérience, qui viennent compléter les équipes quelques semaines par an ? Assurément. Les entreprises, depuis l’introduction du salaire minimum à Genève, hésitent de plus en plus à offrir des jobs d’été. Au tarif horaire imposé, elles préfèrent engager des personnes formées. Dommage pour les jeunes ? Assurément. Ils perdent ainsi la possibilité d’acquérir un peu d’expérience professionnelle et de gagner un petit pécule bienvenu.
Le projet de loi 13445 « Pour que les jobs d’été continuent à exister à Genève » sur lequel nous voterons le 8 mars 2026 vise à corriger cette situation en donnant la possibilité aux entreprises de déroger quelque peu au salaire minimum pour continuer à offrir des jobs de vacances aux étudiants. Cette proposition, modeste, s’est d’emblée heurtée à un refus de la gauche, soutenue par les syndicats, d’entrer en matière. Leur crainte : que cette légère dérogation au salaire minimum mette tout l’édifice en péril. Pourtant, il n’en est pas question. Voici l’essentiel de la proposition en quatre points :
L’essentiel de la loi 13445 en un coup d’œil.Un job d’été c’est :
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Qui est concerné ?
Les étudiants immatriculés dans un établissement de formation reconnu, qui exercent une activité rémunérée durant les vacances scolaires et universitaires pour une durée maximale de 60 jours par année civile.
Qui n’est pas concerné ?
Les étudiants et les jeunes qui ont une activité rémunérée en dehors des vacances estudiantines et au-delà de la limite de 60 jours par année. Cela signifie que celles et ceux qui travaillent toute l’année à un petit pourcentage à côté de leurs études continueront à être payés au salaire minimum.
Y a-t-il un risque de dumping salarial ?
Non, il y a un plancher. Ces jobs de vacances doivent au moins être payés à 75 % du salaire minimum.
Qu’en est-il des stages ?
Un stage fait partie d’un processus d’apprentissage ou d’insertion professionnelle. Il doit s’inscrire dans une formation scolaire ou professionnelle prévue par la législation cantonale ou fédérale. Les stages qui répondent à ces critères très stricts peuvent aujourd’hui déjà déroger au salaire minimum.
Pourquoi les jeunes de moins de 18 ans ne sont-ils pas concernés par cette loi ?
Parce que le salaire minimum ne s’applique qu’aux personnes de plus de 18 ans. Une entreprise qui engage un jeune de
16 ans peut aujourd’hui déjà lui proposer une rémunération en dessous du salaire minimum.
Accepter cette loi sur les jobs de vacances, c’est faire preuve de bon sens. Les autres cantons qui connaissent des salaires minimaux ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Ils en ont d’emblée exclu les personnes en formation.
Les jobs d’été constituent une forme intéressante de premières expériences de travail, certes courtes, mais importantes. Ils permettent non seulement d’acquérir quelques compétences techniques, mais aussi de se familiariser avec le service aux clients, les relations interpersonnelles professionnelles, les codes attendus en entreprise, etc. Ce sont autant de compétences essentielles en termes d’employabilité que l’on apprend avant tout par la pratique.
Continuons à offrir à nos jeunes en formation la possibilité d’acquérir non seulement un revenu d’appoint mais aussi une première expérience sur le marché du travail et votons en faveur de la loi « Pour que les jobs d’été continuent à exister à Genève » !
Merci pour eux.