Le financement de la HES-SO Genève : un investissement stratégique, entre responsabilité et vérité des chiffres

Par Jacques Béné, Député au Grand Conseil

À quelques mois de la votation de septembre 2026, une confusion savamment entretenue s’installe autour du financement de la HES. Certains parlent de « coupe », d’autres agitent des peurs. La réalité, elle, est beaucoup plus simple : ce projet de loi augmente les moyens alloués à la HES. Jacques Béné, député au Grand Conseil, nous en explique les enjeux.

Non, il n’y a pas de coupe

Le nouveau contrat de prestations prévoit plus de 33 millions de francs par an, contre environ 25 millions auparavant. Soit près de 8 millions supplémentaires chaque année.

Appeler cela une réduction relève au mieux de l’approximation, au pire de la manipulation.

Cet effort financier répond à une réalité évidente : la HES grandit, forme plus de 6 000 étudiants, assume des charges légales en hausse, et constitue un pilier de notre économie.

Oui, il faut gérer sérieusement l’argent public

Les partisans du projet le rappellent avec constance : investir davantage ne dispense pas de gérer correctement.

Or, un fait est passé sous silence : la hausse des taxes d’études décidée au niveau intercantonal génère environ 3 millions de recettes supplémentaires par an, ce qui n’était pas connu au moment des négociations avec la HES et du dépôt du projet de loi.

Le Conseil d’État a fait le choix du bon sens et a tenu compte partiellement de ces nouvelles recettes, en laissant 1 million supplémentaire à la HES et en ajustant la contribution publique. Une décision mesurée, proportionnée, responsable.

C’est cela, gouverner.

Non, les étudiants ne sont pas sacrifiés

Autre contre-vérité : ce projet affaiblirait les prestations. C’est faux !

Les missions de la HES restent intactes, les dispositifs d’aide aux étudiants sont maintenus, et même renforcés. Soutien social, cours d’appui, accompagnement sanitaire : tout cela continue, avec davantage de moyens qu’auparavant grâce à ce million supplémentaire.

Mieux encore : la HES dispose de réserves financières. Elle n’est ni en danger, ni fragilisée.

Agiter la menace d’un démantèlement relève donc d’une posture politique, pas d’une réalité budgétaire.

Un débat dévoyé qui mélange deux sujets différents.

D’un côté, le contrat de prestations – qui augmente clairement les moyens.
De l’autre, la question des taxes d’études – décidée au niveau intercantonal, validée par la majorité des cantons.

Refuser le financement de la HES pour contester une décision prise ailleurs, c’est prendre en otage l’institution elle-même et les étudiants qu’elle forme.

Ce n’est vraiment pas responsable car l’enjeu réel c’est la crédibilité politique.

Au fond, ce vote dépasse la seule HES. Il pose une question essentielle : sommes-nous capables de soutenir nos institutions tout en assumant une gestion rigoureuse ?

Accepter ce projet, c’est refuser les caricatures. C’est reconnaître qu’on peut à la fois :

  • augmenter les moyens,
  • tenir compte des recettes existantes,
  • et garantir la pérennité du système.


Refuser ce projet, en revanche, c’est céder à une lecture idéologique des finances publiques, où toute nuance disparaît.

La HES-SO Genève forme des infirmières, des ingénieurs, des travailleurs sociaux, des spécialistes dont notre canton manque cruellement. Elle est un outil stratégique.

Mais soutenir cet outil ne signifie pas abandonner tout bon sens financier.

Ce projet de loi fait exactement le contraire : il renforce la HES tout en respectant l’argent des contribuables.

C’est un choix de responsabilité.

C’est un choix de cohérence.

Et c’est pourquoi, en septembre 2026, il faut voter oui.

« Le nouveau contrat de prestations prévoit plus de 33 millions de francs par an, contre environ 25 millions auparavant. Soit près de 8 millions supplémentaires chaque année. »