La présentation et les débats concernant le budget 2026 ont montré des perspectives très inquiétantes pour les finances cantonales. Le Conseil d’État a décidé, en septembre 2025, de mandater un groupe de pilotage avec l’objectif de proposer des pistes de réformes structurelles pour notre canton.
Ces pistes ont été publiées début mai 2026 dans le fameux rapport Zuin, du nom de l’ancien magistrat de la cours des comptes qui a dirigé ce groupe de pilotage. Il s’agit d’un document dense et précis qui permet d’identifier des mesures permettant d’alléger le budget de fonctionnement de l’État à l’horizon 2029 : 58 mesures chiffrées pour un potentiel de 533 millions de francs d’économies, auxquelles s’ajoutent 19 mesures complémentaires susceptibles de produire des effets plus durables.
Le rapport part d’un constat que ses auteurs jugent sans ambiguïté : les charges publiques genevoises progressent trop vite et l’État offre des prestations souvent plus généreuses en comparaison aux autres cantons suisses.
Pour y répondre, les mesures proposées se répartissent en trois familles : une mise à niveau vers la moyenne suisse, des gains d’efficience sans toucher directement aux salaires, et des ajustements des relations de travail avec le personnel.
Autrement dit, le document ne se limite pas à des économies techniques mais il touche à des choix politiques de fond, dont de nombreux points ont été au programme de notre parti depuis des années.
Nous pouvons mentionner des réformes de notre système de prestations sociales, de nos transports publics, des effectifs et des conditions de travail de l’État. Le rapport évoque notamment des adaptations des protections salariales et de certains avantages accordés au personnel. Ces mesures traduisent une volonté assumée de questionner le périmètre de l’action publique.
Dans le débat qui s’est ouvert suite à la présentation du rapport, nous observons une crispation des syndicats qui a sans aucun doute été l’une des raisons de la grève préventive de trois jours consécutifs subie début juin. Pour rappel, la durée de cette grève était sans commune mesure avec la situation effective sur le terrain.
Le Conseil d’État décidera avant la pause estivale des pistes qu’il souhaite suivre. Pour Genève, l’enjeu est en effet double. D’un côté, le Canton ne peut pas ignorer la pression sur ses finances ni repousser indéfiniment la discussion sur l’efficience de l’État. De l’autre, il serait illusoire de croire que des économies de cette ampleur peuvent être réalisées sans confrontations politiques majeures.
Le PLR soutiendra les mesures proposées par le Conseil d’État et étudiera la possibilité d’aller plus loin et de reprendre des mesures qui n’auraient pas reçu le soutien d’une majorité de notre gouvernement.
Le rapport Zuin a en effet le mérite de poser la question frontalement : quel État Genève veut-il financer, et pour quels services ?
La réponse ne sera pas seulement budgétaire. Elle sera profondément démocratique.