Les perspectives budgétaires de notre canton sont extrêmement préoccupantes avec une croissance du déficit année après année. Pierre Nicollier, président du PLR et député au Grand Conseil expose ici les raisons de cette situation et rappelle que le PLR salue les réformes structurelles proposées par notre grande argentière.
PROJET DE BUDGET CANTONAL 2027 ET DEMESURE DES DEPENSES
Le 17 septembre, le Conseil d’État a présenté le projet de budget cantonal 2027. Il s’agit d’un compromis qui a donc pour ambition de réunir une majorité insatisfaite, essence même d’un compromis.
Le projet de budget 2027 prévoit un déficit de 546 millions de francs alors que les dépenses cantonales de fonctionnement se montent à 21'689 francs par habitant à Genève, contre 15'301 francs dans le canton de Vaud. Cette différence de 42 % illustre la démesure des dépenses publiques genevoises, mais également la différence de répartition des charges entre les communes et le canton.
DEFICIT IMPORTANT
Nous sommes tous inquiets du déficit considérable annoncé et saluons néanmoins les réformes structurelles proposées par notre grande argentière. La hausse des charges de l’État est ainsi limitée à +3.7% alors que les recettes progressent de +5.2%. Les dépenses du canton restent les plus élevées de l’histoire dans l’absolu et par habitant. Nous sommes loin d’un budget d’austérité.
CHARGES CONTRAINTES
Les finances du canton sont tributaires des charges contraintes. Pour rappel, celles-ci sont des charges fixées dans la loi (par exemple : gratuité des TPG, subsides pour l’assurance maladie, cadre d’engagement pour les collaborateurs de l’État). Une majorité du parlement doit être réunie pour modifier ces lois, modifications qui seront probablement attaquées par des référendums.
PAS DE MAJORITE AU GRAND CONSEIL
Le constat est aujourd’hui sévère : il n’existe pas de majorité pour mener ces changements législatifs, avec le MCG et LJS qui jouent la carte populiste et le Centre qui craint trop souvent les positions trop affirmées, en particulier en périodes pré-électorales. L’UDC a quant à lui décidé de jouer la position de l’opposition quelles qu’en soient les conséquences.
Les réformes proposées dans le projet de budget ne sont donc pas suffisantes et doivent être renforcées. Le gouvernement a mandaté un groupe de travail pour identifier des pistes. Septante-sept ont été proposées avant l’été dans le rapport ECOGE et 37 d’entre elles ont été retenues par le gouvernement. Quarante ne seront donc pas suivies d’actions.
Le PLR s’engage à soutenir certaines de ces mesures non retenues et le groupe au Grand Conseil les portera avec vigueur.
PERSPECTIVES EXTREMEMENT PREOCCUPANTES
Les perspectives sont en effet extrêmement préoccupantes pour le canton avec un plan financier quadriennal qui prévoit une croissance du déficit année après année. La dette devrait augmenter de 3 milliards d’ici 2030. L’effort du gouvernement dans le projet de budget 2027 doit donc être fortement poursuivi pour retrouver des comptes à l’équilibre.
DES CHOIX COHERENTS POUR L’AVENIR
Les esprits chagrins parlent déjà de revenir sur la baisse d’impôts votée par le peuple. Il s’agit en effet de la proposition de facilité, celle qui est par ailleurs adoptée par une majorité aux chambres fédérales. Après l’augmentation de 0.5 % de la TVA sur laquelle nous nous exprimerons en novembre, une nouvelle augmentation de 0.2 % a été adoptée par le parlement pour l’armée, sans compter les +0.2 % pour l’AI. Sans réaction forte, nous nous rapprocherons des 10 % alors que Genève fait face à une crise des dépenses, pas des charges. 2027 devrait en effet voir les revenus de notre canton croître de 5.2 %, avec un PIB réel en croissance de +1.5 %.