ÉDITO | Après les urnes, le temps d’agir

Par Pierre Nicollier, Président du PLR Genève

Chers membres, chères sympathisantes, chers sympathisants,

Les résultats des votations du 27 septembre livrent un message contrasté. 

À l’échelle fédérale, le peuple suisse a nettement refusé les initiatives sur la neutralité et l’alimentation, avec respectivement 70,2 % et 72,5 % de NON. 

À Genève, le peuple a voté pour améliorer la fluidité sur nos routes. Mais il a également accepté d’introduire la gratuité de la contraception et refusé un assouplissement de la LDTR permettant de faciliter l’accès à la propriété.

Le rejet de l’initiative sur la neutralité constitue un signal de responsabilité. La neutralité suisse reste un instrument de politique étrangère et de sécurité. Elle doit permettre de nous adapter à un environnement international profondément transformé : guerres hybrides, cyberattaques, tensions géopolitiques et fragilisation des équilibres globaux. La Suisse doit rester neutre, mais elle doit aussi rester libre de défendre ses intérêts et sa sécurité. C’est pour ces raisons que nous devons poursuivre avec nos partenaires européens dans la voie bilatérale qui a fait notre prospérité.

Le refus de l’initiative sur l’alimentation va dans le même sens. L’agriculture suisse mérite une politique forte, des perspectives et des investissements. Mais la sécurité alimentaire ne se garantit pas par l’inscription d’objectifs contradictoires dans la Constitution. Elle repose sur une production compétitive, l’innovation, la protection des ressources, la formation et des partenariats solides.

L’acceptation du crédit de 39,5 millions de francs pour des infrastructures transfrontalières de mobilité est un vote de raison. Avec 56,78 % de « oui », les Genevoises et les Genevois ont reconnu qu’aucune politique sérieuse de mobilité ne peut ignorer la réalité du bassin de vie franco-valdo-genevois. Les bouchons, les nuisances et les temps de déplacement ne s’arrêtent pas à la frontière. Des parkings-relais, des transports publics renforcés avec des voies réservées peuvent contribuer à améliorer la mobilité de nos citoyens.

Le peuple a également accepté, par 58,46 %, l’initiative pour une contraception gratuite. Cette décision impose maintenant un travail sérieux sur sa mise en œuvre. Avec des perspectives budgétaires difficiles, ce résultat renforce notre conviction qu’un travail de fond doit être entrepris sur le fonctionnement et la place de l’État dans notre canton. Pour rappel, Genève dépense plus de 40 % de plus par habitant que le canton de Vaud.

Avec 63,52 % de « non », la population a rejeté l’assouplissement de la LDTR qui aurait permis aux locataires d’accéder plus facilement à la propriété de leur logement. Il est le reflet d’un épouvantail présenté par l’ASLOCA qui se nourrit du taux de vacance historiquement bas. Ce refus ne peut pas devenir le prétexte à l’immobilisme.

Genève fait face à une pénurie de logements, à une mobilité difficile, à des finances publiques sous tension et à une administration devenue trop complexe. La réponse passe par des priorités claires, des procédures simplifiées et une administration capable d’accompagner concrètement celles et ceux qui font vivre le canton.

Le PLR Genève défend cette ligne de responsabilité : investir, réformer et évaluer les résultats lorsque l’argent public est engagé.

Genève possède les moyens de réussir et le PLR continuera à agir avec bon sens et responsabilité.