Meyrin | Reprendre le contrôle de nos espaces publics

Par Philippus de Koning, Président du PLR Meyrin-Cointrin

Déchets, dépôts sauvages, verre cassé, stationnement gênant, nuisances sonores, éclairage insuffisant : ces situations, lorsqu'elles se répètent, ne sont plus de simples incivilités. Elles touchent directement à la qualité de vie et à la sécurité des habitantes et habitants. Le PLR Meyrin souhaite proposer une méthode simple pour identifier les problèmes, définir les responsabilités, intervenir rapidement et mesurer les résultats. Philippus de Koning, président du PLR Meyrin-Cointrin, nous propose un tour d’horizon des enjeux et des solutions proposées.

Notre commune connaît un développement important. De nouveaux quartiers apparaissent, la population augmente, les espaces publics sont davantage fréquentés et les usages se multiplient. Cette évolution est positive. Elle implique toutefois une responsabilité accrue de la collectivité : plus Meyrin grandit, plus nous devons être attentifs à la qualité de vie de celles et ceux qui y habitent.

Or, force est de constater que certains problèmes deviennent récurrents dans différents secteurs de la commune. Déchets et mégots abandonnés, dépôts sauvages, encombrants, caddies laissés dans l'espace public, verre cassé, véhicules stationnés de manière gênante, cheminements obstrués, éclairage insuffisant ou encore nuisances sonores : pris isolément, chacun de ces problèmes peut sembler anodin. Lorsqu'ils se répètent au même endroit et sur la durée, ils donnent toutefois le sentiment que certains espaces échappent progressivement au contrôle de la collectivité.

LA SECURITE NE SE RESUME PAS A LA CRIMINALITE

Il serait évidemment faux et inutilement alarmiste de prétendre que Meyrin est devenue une commune dangereuse. Notre démarche ne repose pas sur cette affirmation.

La question est beaucoup plus concrète.

La sécurité, c'est aussi pouvoir rentrer chez soi sans risquer de tomber sur du verre cassé. C'est pouvoir circuler avec une poussette. C'est permettre à une personne âgée, à une personne en fauteuil roulant ou utilisant un déambulateur de se déplacer librement. C'est pouvoir emprunter un escalier correctement entretenu et suffisamment éclairé. C'est pouvoir laisser ses enfants jouer dans un espace propre et sûr. C'est enfin pouvoir dormir la nuit sans subir des nuisances répétées.

Ces situations concernent directement la qualité de vie des habitants. Elles ne relèvent pas toutes de la criminalité et ne nécessitent pas toutes une réponse policière. Mais elles appellent toutes une réponse des autorités.

C'est précisément le constat qui est à l'origine du projet de motion « Pour des espaces publics propres, sûrs et accessibles : Meyrin doit reprendre le contrôle de ses espaces collectifs ». 

UN HABITANT NE DEVRAIT PAS AVOIR A CHERCHER QUI EST RESPONSABLE

Un autre problème nous paraît particulièrement important : la multiplication des propriétaires et gestionnaires d'espaces collectifs.

À Meyrin, un espace utilisé quotidiennement par les habitants peut relever de la Commune, d'une régie, d'un propriétaire privé ou d'un autre gestionnaire. Lorsqu'un problème survient, l'habitant peut ainsi se retrouver à devoir déterminer lui-même à qui incombe la responsabilité d'intervenir.

Ce n'est pas à lui de le faire.

Lorsqu'un habitant signale du verre cassé, un obstacle dangereux ou un cheminement impraticable, il doit pouvoir s'adresser à un interlocuteur unique. La Commune doit ensuite assurer la coordination avec le propriétaire, la régie ou le gestionnaire concerné.

Cela ne signifie évidemment pas que la collectivité doit assumer financièrement des obligations qui incombent à des propriétaires privés. Au contraire : il s'agit de clarifier les responsabilités, de les faire respecter et d'éviter que les habitants soient renvoyés d'un interlocuteur à l'autre. 

IDENTIFIER LES « POINTS NOIRS » ET AGIR RAPIDEMENT

Nos motions proposent donc une méthode simple : identifier les problèmes, définir les responsabilités, intervenir rapidement et mesurer les résultats.

Nous demandons la mise en place d'un plan communal « Meyrin propre, sûre et accessible ». Celui-ci doit notamment permettre d'identifier les secteurs où se concentrent les problèmes : déchets et dépôts sauvages, verre cassé, encombrants, stationnement dangereux ou gênant, obstacles sur les cheminements, difficultés d'accessibilité, éclairage insuffisant ou nuisances sonores récurrentes. Cette cartographie devrait être régulièrement actualisée afin que les moyens publics soient dirigés là où les besoins sont les plus importants. 

Nous proposons également la création d'une porte d'entrée unique pour les habitants. Signaler un problème doit être simple. Et surtout, le citoyen ne doit pas avoir à connaître la limite cadastrale ou juridique séparant le domaine communal d'une propriété privée. La Commune doit prendre en charge le signalement et, lorsque nécessaire, le transmettre au bon interlocuteur. 

Cette approche doit s'accompagner de délais d'intervention adaptés à la dangerosité. Du verre cassé, un obstacle susceptible de provoquer une chute ou un véhicule empêchant le passage d'une personne à mobilité réduite ne peuvent pas être traités comme une simple anomalie administrative. Ils nécessitent une intervention rapide. 

L'ACCESSIBILITE DOIT ETRE UNE EXIGENCE PERMANENTE

La question de l'accessibilité mérite une attention particulière.
Nous parlons souvent d'accessibilité comme d'un objectif général. Mais, dans la réalité quotidienne, il suffit d'un véhicule mal stationné, d'un encombrant ou d'un obstacle sur un cheminement pour rendre un trajet impossible ou dangereux pour une personne en fauteuil roulant, une personne âgée ou une famille avec une poussette.
C'est pourquoi nous demandons que les cheminements permettant d'accéder aux logements et aux équipements publics restent libres et accessibles en permanence et que les contrôles du stationnement soient renforcés dans les secteurs où les problèmes sont identifiés. Il ne s'agit pas de sanctionner systématiquement chaque infraction, mais de concentrer les interventions là où le stationnement constitue une véritable entrave ou un risque.

SECURITE ET ECLAIRAGE : TROUVER LE BON EQUILIBRE

La réduction de l'éclairage nocturne peut répondre à des objectifs légitimes de sobriété énergétique. Mais cette politique doit être conciliée avec la sécurité des personnes.

Certains escaliers, cheminements ou secteurs particulièrement fréquentés la nuit nécessitent une attention particulière. Lorsque des accidents ou des chutes ont été signalés, ou lorsque des obstacles rendent déjà un passage délicat, l'éclairage doit être considéré comme un élément de sécurité à part entière.

La sobriété énergétique ne doit pas avoir pour conséquence de créer ou d'accroître un risque pour les usagers. Notre motion demande donc une évaluation des effets de la réduction de l'éclairage dans les secteurs présentant des problèmes de sécurité. 

PREVENIR, DIALOGUER… MAIS AUSSI FAIRE RESPECTER LES REGLES

La même philosophie doit guider notre approche des nuisances et de la tranquillité publique.

Nous ne défendons pas une politique de répression généralisée. La prévention, le dialogue et la médiation doivent rester les premières réponses lorsque cela est possible. Mais une politique de prévention n'est crédible que si les règles sont finalement respectées.

Nous proposons donc une présence ciblée des agents de la police municipale dans les secteurs et aux horaires où les nuisances et comportements perturbant la tranquillité publique sont récurrents. Cette présence doit être avant tout préventive et de proximité, mais elle doit aussi permettre l'application des règlements lorsque cela devient nécessaire. 

Car une règle qui n'est jamais appliquée finit inévitablement par perdre sa portée.

UNE POLITIQUE FONDEE SUR DES RESULTATS

Notre démarche repose finalement sur une idée très simple : les habitants ont droit à des résultats.

Le Conseil municipal doit pouvoir savoir où se situent les principaux points noirs, combien de temps il faut pour intervenir, quelles mesures ont été prises, quels problèmes relèvent de propriétaires ou de régies privées et comment ceux-ci ont été traités. Il doit également pouvoir disposer d'une vision claire des problèmes liés à l'éclairage, au stationnement et de l'activité des agents de la police municipale. 

Nous demandons donc davantage de transparence et de suivi, avec un rapport présenté au Conseil municipal dans les six mois.
Il ne s'agit ni d'ajouter une couche de règlements ni de transformer Meyrin en commune policière. Il s'agit de faire fonctionner correctement ce qui existe déjà.

Le PLR Meyrin-Cointrin défend une politique de responsabilité, de proximité et d'efficacité. Nous voulons une commune qui entretient ses espaces publics, qui répond rapidement lorsqu'une situation présente un danger, qui coordonne efficacement les différents propriétaires et gestionnaires, qui protège l'accessibilité et qui fait respecter ses règles lorsque cela est nécessaire.

La qualité de vie ne se décrète pas : elle se construit et elle se protège chaque jour. Reprendre le contrôle de nos espaces collectifs, c'est simplement faire preuve de responsabilité envers toutes celles et ceux qui vivent à Meyrin.

« Il ne s’agit ni d’ajouter une couche de règlements ni de transformer Meyrin en commune policière. Il s’agit de faire fonctionner correctement ce qui existe déjà. »